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Michel Sacal


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Utilité des écoles de Bonsaï, des stages, des cours, des clubs.......

« Réponse : 01-08-2007 09:56 »

Chers amis, je dis toujours que le bonsaï c'est aussi beaucoup de travail.
Il faut vraiment avoir un ego ahurissant pour penser pouvoir être exempté d'apprentissage.. Que ce soit dans un club, en ateliers privés, en groupes de travaux avec des amis, ou summum du summum dans une école dirigée par un maître . Et ceci quel que soit son niveau.......

Je vous cite ici un message de PBO, très long, (  wink ), mais enthousiasmant, qu'il nous a envoyé après sa première semaine de travail en Ecole Liporace.
S'il vous plaît, lisez-le...... (en plus c'est son 1000ème message, magnifique !)


pbo
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Liporace à Paris : session "Quercus" Paris/Centre

Pour le reportage, comme je n'avais presqu'aucune photo en ma possession, j'ai préféré que Riki ouvre le bal.
Mais avant toute chose, qu'il me soit permis avant tout d'adresser publiquement un chaleureux, un énorme merci à Riki qui croyez-moi, ne s'est épargné aucune peine pour que cette session puisse avoir lieu.
Comme on se connait bien, nous avons souvent parlé dès les prémisses de la session, j'ai pu mesurer les doutes, les diverses embuches que Riki a dû surmonter, le temps consacré, l'énergie, bref : l'investissement énorme qu'il a déployé.
Je n'entrerai pas dans les détails, et comme il est trop modeste il n'en fera pas état, mais je peux vous assurer que si nous avons pu vivre cette semaine, nous le devons à sa tenacité.
Bien sûr, je n'oublie pas Rikitte Clin d'oeil qui a été d'une patience et d'une aide extraordinaire durant la semaine, et qui a supporté de bonne grâce de voir son domicile squatté 24/24h pendant sept jours.
Médaille du mérite assurément, et belle preuve d'amour envers son Riki de mari.
Un grand coup de chapeau à vous deux !

Pour ce qui me concerne, mes impressions vécues de l'intérieur sont très positives, même si je suis passé par des phases de découragement et de remise en question.
Les premiers jours ont été les plus difficiles.
Je m'étais inscrit à cette école avec enthousiasme dans l'idée de me perfectionner et d'affirmer mes maigres compétences de débutant. Mais j'ai rapidement compris qu'en fait, je devais faire table rase de pas mal d'idées que j'avais qui se sont avérées fausses. Avec elles s'est envollée aussi le peu d'assurance que je pouvais avoir.
Cotoyer Salavatore, se rendre compte à la fois de sa simplicité, de sa sensibilité, et de sa capacité extraordinaire à "trouver l'arbre dans l'arbre", le voir travailler, m'ont permis de mesurer à quel point j'étais petit.

J'ai pu assez facilement détecter les qualités de chacun des membres du groupe dont les niveaux étaient très hétérogènes comme l'a remarqué Riki. J'ai eu tout d'abord l'impression (qui s'est avérée fausse par la suite) que tout le monde était relativement serein et que j'étais le seul à me trouver minable.
Aussi, il m'est arrivé de rentrer le soir avec le moral dans les chaussettes, en me demandant si vraiment j'avais les qualités requises pour faire du bonsaï... (à ce jour d'ailleurs, je ne sais toujours pas)
Au fil des jours et des discussions, je me suis rendu compte que certains se sentaient également un peu décontenancés par la prise de conscience de leur propre ignorance ou manque de pratique.

Le bonsaï est l’école de l’humilité, assurément...

Cette « claque » qui sonne comme une remise en question est déjà selon moi un point positif. Mais je retiens de cette semaine d’autres aspects qui me paraissent précieux. Tout d’abord, c’est bête à dire mais je crois que nous avons davantage travaillé  dans l’espace de sept jours que durant un an ou deux chacun de notre côté. Sur un plan purement technique, lorsqu’on pose du fil à en avoir mal aux doigts, on progresse forcément dans sa manière de ligaturer.

Lors des parties théoriques, hors mis les règles de base qui ont été évoquées, Salvatore a insisté sur le rôle prépondérant de la culture. C’est la première chose à acquérir et il est impossible de parvenir à de bons résultats sans maîtriser cette étape. Vous allez me dire que nous le savons tous, mais qui d’entre nous n’a pas déjà travaillé un arbre tout en sachant qu’il n’était pas au top de sa forme, juste parceque nos doigts nous démangeaient ? (pour ensuite s’étonner que la’arbre ne réagisse pas bien)
Une phrase qui revient souvent dans la bouche du Maestro :
« Le bonsaï, c’est un escalier ! »

Ensuite, Salvatore a insisté sur une certaine rigueur que nous ne nous imposons pas chez nous. Cela s’applique autant aux défauts de l’arbre qu’on ne voit pas (parcequ’on n’a pas envie de les voir) qu’aux techniques de mise en forme. Par exemple, on se contente trop souvent d’à-peu-près chez soi. Alors que lorsque l’on sait que le Maître va remarquer  une erreur de fil si petite soit-elle, (et croyez-moi, rien ne lui échappe !) eh bien on recommence de soi même, jusqu’à ce que le travail soit fait correctement.
Lors de la mise en forme, on comprend très vite pourquoi un fil mal posé est inaceptable : la mise en forme est impossible si on veut la faire avec précision et finesse !
Surtout pour les conifères, l’étape du fil est donc rébarbative, mais indispensable pour passer à l’étape suivante.
« Le bonsaï, c’est un escalier ! »

La concentration est un point qui a été évoqué. Nous nous sommes reconnus dans les défauts que Salvatore a cité : l’amateur moyen commence à poser un peu de fil sur une branche, puis sur l’apex, puis il revient à cette branche, met en forme une autre... et se disperse avec au final un travail final ni fait, ni à faire...
Il a insisté sur le fait de se concentrer sur la première branche. Poser le fil entièrement jusqu’aux plus fins rameaux en ignorant complètement le reste de l’arbre. Seulement lorsque ce travail est terminé, on passe à la deuxième branche avec le même soin, et sans se préocuper du temps. On remonte ainsi en spirale jusqu’à la cime.
« Le bonsaï, c’est un escalier ! »

L’observation est capitale. Salvatore n’est pas du genre à commenter chacun de ses gestes, ce qui en a décontenancé plus d’un. Il faut savoir lui poser des questions auxquelles il répond toujours de bonne grâce, mais il faut surtout l’observer et se laisser imprégner. Ceux qui attendent passivement un savoir sur mesure livré sur un plateau peuvent être déçus. Il faut aucontraire savoir « voler » ce que l’on voit ce qui implique une démarche volontaire et active.

J’oublie sans doute des aspects aussi intéressants, mais outre la convivialité de cette semaine, à la fois avec  Salavatore dont j’ai perçu une vraie sincérité, et le groupe avec lequel s’est nouée une complicité, j’en ai retiré plusieurs impressions :
Salvatore nous tire vraiment vers le haut et cela ne va pas sans remises en question. Le bonsaï tel qu’il veut nousle faire pratiquer va un peu au delà du simple hobby « à la pépère ». Si nous décidons de le suivre dans ce cursus de trois ans, cela demande de notre part un engagement et le plus grand sérieux. Oh rien de sectaire là dedans ! Cela signifie juste qu’il considère que dans un an, nous devons avoir travaillé chez nous et avoir acquis ce qu’il nous a appris sans qu’il ait à y revenir. Cela implique aussi de rapporter des arbres à travailler  de meilleur potentiel, rempotés (pas de plans en container mais en pot de culture et substrat drainant) et en pleine santé.
Tout cela suppose un instissement en temps, en énergie, en argent (aussi, car de beaux sujets à former, ça coûte quand même assez cher !).

Bref : on est montés dans un train et soit on va à la même vitesse, soit on descend du train. Chacun est libre, mais si Salvatore s’engage pour nous, il attend un sérieux réciproque, ce qui me semble normal.

Nous avons été plusieurs à constater à notre retour à la maison que nous ne regardions plus du tout nos arbres de la même façon...
Je pense pour a part ne pas avoir assez de recul pour me rendre compte si j’ai fait des progrès ou pas. C’est trop frais...
Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura un « avant », et un « après »...

Un clin d'oeil amical et un remerciement à Gilles Rigal, Françis (Cisai sur le forum), Alain Futin, tous trois anciens élèves de l'école qui nous ont rendu une visite amicale, et dont j'ai vraiment apprécié les conseils et la présence. Gros bisou à Sylvie Rigal, la belle potière, qui était là aussi, et merci à toi pour ta visite.

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